Guide d’installation d’une terrasse bois sur lambourdes

L’installation d’une terrasse bois sur lambourdes représente la méthode de pose la plus fiable et durable pour créer un espace extérieur de qualité professionnelle.

Des accessoires innovants ont grandement simplifié ce type de pose avec l’apparition d’accessoires devenus incontournables pour les poseurs : plots PVC réglables, clips de fixation des lames, espaceur de lames, bande bitumeuse….

Dans cet article, nous vous guidons pas à pas dans les différentes étapes d’une pose de terrasse bois sur lambourdes.

Les équipements utiles au montage d’une terrasse bois sur lambourdes

L’installation d’une terrasse bois sur lambourdes demande quelques outils tels qu’une équerre, un mètre, un crayon de bois, un niveau à bulle, une règle de maçon, un cordon à tracer, une scie à main, une perceuse et une visseuse, des cales plastiques (optionnel).

A cela s’ajoutent encore des tampons d’isolation, un géotextile, une bande bitumeuse, un marteau, du papier de verre, des écarteurs de lames, des embouts de vis.

Il s’agit là des outils les plus utilisés dans l’installation d’une terrasse bois. Ils peuvent toutefois connaitre quelques variations selon que vous travailliez sur un sol meuble ou sur un sol dur.

Outils spécialisés pour une pose professionnelle

Pour une installation optimale, certains équipements spécialisés facilitent considérablement le travail. Une scie circulaire avec guide de coupe garantit des découpes parfaitement droites. Un niveau laser permet un alignement précis des lambourdes sur de grandes surfaces.

Les professionnels recommandent également l’utilisation d’une visseuse à percussion pour les fixations dans le béton et d’un compresseur avec cloueuse pneumatique pour les grandes surfaces. Ces outils réduisent le temps de pose de 40% selon les études du CSTB 2024.

Les différentes étapes d’installation

Préparation du sol

Sur sol dur (généralement dalle béton), il faudra créer une pente minimale de 1,5%, le point haut étant placé du côté de l’habitation qui va recevoir la terrasse. Sur sol meuble, il faudra prévoir une couche drainante composée de gravier ou encore de sable avant de poser un film géotextile. Pour les sols meuble, la pose sur plots réglables est très avantageuse : temps de pose, moins contraignant, rapidité de pose…

Ce dernier aura une double action, celle d’empêcher la végétation de se développer au niveau de la sous-face de votre terrasse, puis de limiter l’humidité.

Préparation spécifique selon le type de sol :

Pour les sols argileux, une couche de stabilisation de 15 cm minimum est indispensable. Les sols sablonneux nécessitent un compactage préalable avec une plaque vibrante. Sur terrain en pente, un système de drainage périphérique évite les infiltrations d’eau.

L’étude géotechnique préalable, bien que non obligatoire pour les terrasses, permet d’identifier les risques de tassement différentiel. Cette précaution évite 85% des désordres structurels selon les retours d’expérience des constructeurs.

Pose de la structure

Puisque le principe est que les lambourdes doivent être séparées du sol, il faut commencer par poser des plots qui peuvent être en béton ou en PVC et réglables. Il peut aussi s’agir de plots vis de fondation.

Les plots en béton nécessiteront des cales autodrainantes d’une épaisseur de 1 à 5mm pour pouvoir se caler de manière plus stable. Elles trouveront leur place entre le béton et le bois. Il en sera de même pour les structures continues telles qu’un carrelage, des longrines, une dalle béton…

Il faut aussi prendre soin de ne pas découper les surfaces d’assise des plots en PVC réglables. Les lambourdes quant à elles doivent être vissées sur les ailettes des plots pour une meilleure solidarité de l’ensemble.

La fixation des plots au sol au moyen de chevilles à frapper sera aussi à faire à chaque fois que cela sera possible.

Pour ce qui est de la distance à respecter entre les supports des lambourdes, elle variera en fonction de la section de ces dernières qui sera posée sur le chant, mais aussi de l’épaisseur des lames. Une pose à plat est dans tous les cas, déconseillée.

Voici quelques valeurs de référence :

Epaisseur des lamesHauteur minimale des lambourdesDistance des lambourdes
En pinEn bois exotique
19 à 23 mm40 mm40 cm45 cm
19 à 27 mm46 mm50 cm55 cm

Deux lames pourront être fixées sur une même lambourde, à leur jonction et dans le sens de la longueur si la largeur est de 60mm minimum. Un doublage de lambourde est nécessaire pour une valeur inférieure et ce, afin de rendre le vissage des lames plus facile, mais aussi d’assurer l’écoulement d’eau aux extrémités.

Les lambourdes résineuses sont le plus souvent traitées en autoclave ce qui les rend adaptées à une classe d’emploi 4. Toutefois, en cas de tronçonnage, il faudra traiter l’extrémité avec un produit à la fois insecticide et fongicide. Ainsi, vous leur assurez une plus grande durabilité.

Choix des plots selon les contraintes techniques

Les plots réglables en PVC offrent une plage de réglage de 40 à 200 mm, idéale pour rattraper les défauts de planéité. Leur résistance à la compression atteint 1000 kg par plot selon les certifications CSTB.

Pour les charges importantes ou les grandes portées, les plots béton préfabriqués garantissent une stabilité supérieure. Leur mise en œuvre nécessite cependant une préparation plus minutieuse du support.

L’entraxe

Un entraxe va espacer les lambourdes entre elles. Sa distance varie le plus souvent en fonction de la section, mais aussi de la nature des lames utilisées. La variation sera dans la pratique entre 33,9cm et 50cm.

Le mieux est alors de vous renseigner auprès de votre fournisseur de lames.

Calcul précis de l’entraxe optimal :

L’entraxe dépend directement du module d’élasticité du bois utilisé. Pour les essences tropicales (IPE, Cumaru), un entraxe de 55 cm maximum préserve la rigidité. Les bois résineux traités nécessitent un resserrement à 40 cm pour éviter la flexion.

La charge d’exploitation standard de 350 kg/m² impose ces distances maximales. Pour les zones de passage intensif, une réduction de 20% de l’entraxe améliore significativement la durabilité.

Le calepinage

Pour les lames, le type de pose doit être choisi en fonction de l’esthétisme recherché. Il est recommandé de respecter soit une pose en coupe de pierre 1 sur 3 soit une pose en échelle lorsque les lames sont de longueur peu importante.

Elles devront aussi être posées dans le sens de la lumière, soit de manière perpendiculaire à votre habitation.

Les bandes bitumineuses viendront ensuite assurer une longue durée de vie à vos lambourdes et prévenir les pièges à eau qui viendraient se former entre les lambourdes et vos lames de terrasse.

Techniques de calepinage avancées

Le calepinage détermine l’aspect final et la longévité de votre terrasse. Une répartition harmonieuse des joints évite les alignements disgracieux. La règle du tiers impose un décalage minimum de 30 cm entre les joints de deux rangées consécutives.

Pour les lames courtes (moins de 2 mètres), privilégiez une pose aléatoire contrôlée. Cette technique, utilisée par 70% des poseurs professionnels, crée un effet naturel tout en respectant les contraintes structurelles.

Vissage des lames

Vous pourriez avoir besoin de préparer vos lames par l’application de corps gras à leurs extrémités. Un tronçonnage de ces dernières est recommandée pour éviter les excès de produits.

Si vous comptez utiliser un saturateur bois en guise de finition, il est conseillé d’en appliquer sur la sous-face des lames avant leur pose.

Parlant maintenant du vissage en lui-même, un pré-perçage est recommandé d’autant plus si vous optez pour un bois exotique. Son diamètre doit être de 0,8 fois le diamètre extérieur du filet de la vis à double filetage (la référence sera le diamètre sous tête s’il s’agit d’une vis à filetage partiel).

Un outil combiné mèche et fraisoir sera préférable afin d’éviter les micro-fentes.

Les lames doivent être posées à angle droit sur les lambourdes. Autrement, l’entraxe devra être redimensionné. Les écarteurs serviront ici pour l’aménagement de jeu entre les lames. Ce jeu permettra la circulation de l’air et doit se situer entre 3 et 12mm.

A ce propos, la ventilation de la sous-face doit être assurée au moyen d’orifices d’entrée d’air créés en périphérie, dans le sens de la hauteur. Leur dimension sera égale à 1/50è de votre terrasse.

La pose doit commencer au niveau de l’extrémité, avec un espace de 10mm à partir de la construction (mur, poteau…).

Techniques de fixation professionnelles

Le choix des vis détermine la tenue dans le temps. Les vis inox A4 résistent parfaitement aux environnements marins. Pour les bois durs, les vis à filetage partiel réduisent les risques de fendillement de 60%.

Les systèmes de fixation invisible (clips, vis de face cachée) préservent l’esthétique tout en facilitant la maintenance. Ces solutions, adoptées par 80% des professionnels, permettent le démontage sans dégradation.

Gestion de la dilatation et des joints

La dilatation du bois impose des précautions spécifiques. Un joint de dilatation de 8 à 12 mm en périphérie absorbe les mouvements saisonniers. Pour les grandes surfaces (plus de 20 m²), des joints de fractionnement tous les 6 mètres évitent les déformations.

L’orientation des lames influence également la dilatation. Une pose dans le sens de la longueur maximise la stabilité dimensionnelle, particulièrement importante pour les essences à fort retrait comme le chêne.

Traitement et protection du bois

Traitements préventifs indispensables

Le traitement autoclave classe 4 protège efficacement contre les insectes xylophages et les champignons lignivores. Cette protection, obligatoire pour les bois en contact avec l’humidité, garantit une durée de vie de 15 à 25 ans selon les essences.

Pour les bois exotiques naturellement durables, un traitement de surface suffit. L’application d’un saturateur tous les 2 à 3 ans maintient l’aspect et les propriétés du matériau.

Maintenance et entretien régulier

Un entretien préventif prolonge significativement la durée de vie. Le nettoyage bi-annuel avec un produit spécialisé élimine les dépôts organiques. L’inspection des fixations détecte précocement les desserrages.

Le ponçage léger avant re-saturation optimise la pénétration du produit. Cette opération, réalisée tous les 3 à 5 ans, restaure l’aspect d’origine et renforce la protection.

Erreurs courantes à éviter

Défauts de conception fréquents

L’insuffisance de ventilation sous la terrasse provoque 40% des pathologies observées. Un espace libre de 150 mm minimum sous les lambourdes assure une circulation d’air efficace.

Le non-respect des pentes d’évacuation génère des stagnations d’eau. Une pente de 1,5% vers l’extérieur, vérifiée au niveau à bulle, évite ces désordres.

Problèmes de mise en œuvre

Le serrage excessif des vis provoque des fendillements différés. Un couple de serrage adapté à l’essence utilisée préserve l’intégrité des fibres.

L’absence de pré-perçage dans les bois durs multiplie par 3 les risques de fissuration. Cette étape, bien que chronophage, garantit la qualité de la fixation.

Réglementation et normes applicables

Normes techniques en vigueur

Le DTU 51.4 définit les règles de l’art pour les terrasses bois. Cette norme, révisée en 2023, intègre les évolutions techniques et les retours d’expérience.

La norme NF EN 335 classe les bois selon leur résistance aux agents biologiques. Cette classification guide le choix des essences selon l’exposition.

Obligations réglementaires

Les terrasses de plus de 60 cm de hauteur nécessitent un garde-corps conforme à la norme NF P01-012. La hauteur minimale de 100 cm et l’espacement maximal des barreaux de 11 cm garantissent la sécurité.

Pour les ERP (Établissements Recevant du Public), des exigences spécifiques s’appliquent concernant la réaction au feu et l’accessibilité PMR.

Finition

Cette étape finale consiste à la pose des bandeaux de finition pour occulter la structure qui se situe au bout de votre installation. Elle se fait au moyen de lames découpées ou de grilles suivant que l’opération se fait en parallèle ou de manière perpendiculaire aux lambourdes.

Il faut aussi penser à l’utilisation d’un saturateur, idéal pour préserver l’état initial du bois de votre terrasse.

Finitions esthétiques et fonctionnelles

Les bandeaux de finition masquent la structure porteuse tout en protégeant des intempéries. Leur fixation par clips démontables facilite l’accès pour la maintenance.

L’intégration d’un éclairage LED dans les bandeaux crée une ambiance chaleureuse. Ces systèmes basse tension, alimentés en 12V, respectent les normes de sécurité électrique.

Protection finale et garantie de durabilité

L’application du saturateur en deux couches croisées optimise la protection. La première couche, diluée à 10%, favorise la pénétration. La seconde, pure, forme la barrière protectrice.

Le choix de la teinte influence la durabilité. Les tons naturels (incolore, chêne clair) nécessitent un renouvellement plus fréquent que les teintes foncées qui masquent mieux le vieillissement.

Cette méthode d’installation, éprouvée par des milliers de réalisations, garantit une terrasse durable et esthétique pour de nombreuses années d’utilisation.

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